économie


Le point de vue que j'exprime est celui d'un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m'apparaît fausse, artificielle. L'idéal socialiste consiste à s'intéresser à l'équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l'efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d'une même doctrine. Et c'est précisément à ce titre de libéral que je m'autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d'un libre-échangisme appliqué aveuglément.

Emilie Lévêque -  25/11/2009 16:24:00

Oui à des investissements d'avenir mais non à l'emprunt décidé par Nicolas Sarkozy. Le Parti Socialiste ne votera pas le collectif budgétaire qui fera mention de cet emprunt début 2010, prévient le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud. Explications.

Le think tank Terra Nova, proche du Parti Socialiste, a organisé mardi 24 novembre une soirée "poings de vue" sur le thème "Pour ou contre le grand emprunt?". A la droite du ring : Michel Rocard, co-président de la commission sur l'emprunt national. En face de l'ancien Premier ministre socialiste : le député Didier Migaud (PS), président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Autant dire qu'il n'y a pas eu de "coups de poings" mais plutôt une franche accolade entre ces deux militants du même courant politique.  

Michel Rocard a quand même essayé de justifier le grand emprunt, nécessaire selon lui en raison d'un sous-investissement massif et chronique de la France dans la recherche et le développement, et dans l'enseignement supérieur. En cause : la politique d'austérité budgétaire conduite par les gouvernements depuis une vingtaine d'année. "Nous avons une inaptitude à transformer notre savoir en productivité", déplore l'ancien Premier ministre qui a souligné le caractère stratégique pour l'avenir des sept axes prioritaires identifiés par la commission sur le grand emprunt.

Il a tenu en outre à rassurer sur les modalités financières de l'emprunt : selon l'Agence France Trésor, qui est chargée de placer la dette de la France sur les marchés, une levée de 20 à 25 milliards d'euros supplémentaires - l'Etat emprunte déjà entre 300 et 400 milliards d'euros par an en moyenne - ne dégradera pas la notre "triple A" de la France, a expliqué Michel Rocard.

"Je suis en accord avec la plupart des propositions de la commission, mais non, je ne voterai pas cet emprunt", a rétorqué Didier Migaud. "Le gouvernement nous dit que le pays est en faillite et il nous propose de nous endetter encore plus? C'est schizophrénique!", a ironisé le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Selon ses calculs, la suppression du "paquet fiscal" de la loi Tepa (défiscalisation des heures supplémentaires, bouclier fiscal, etc.), de l'exonération des plus values sur les cessions immobilières ou encore le retour à une TVA à 19,6% dans la restauration permettraient de dégager 25 milliards d'euros sur deux ans.

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L’économie mondiale est entrée dans une phase de crise comme elle n’en a pas connue depuis les années 1930. Cette crise trouve ses racines dans la suppression des changes fixes qui a entraîné des bouleversements dans
le monde financier, notamment l’apparition des premiers « produits dérivés » qui ont joué un rôle déterminant de stabilisation des changes flottants, avant que leur développement généralisé n’en fasse un facteur tout aussi déterminant d’instabilité. Le système financier qui a alimenté la croissance du crédit vacille, victime de ses propres excès. Le libéralisme hier triomphant en appelle aujourd’hui à un État plus providentiel que providence.
(...)
Il ne s’agit rien moins que de passer du « prêt-à-porter » informe et donc inefficace au « sur-mesure », pour aboutir à la fois à une baisse structurelle du chômage, à une durée plus courte de recherche d’emploi, à des perspectives de carrière plus motivantes pour tous et à des fins de carrière plus satisfaisantes pour les salariés les plus âgés. Comment y parvenir ?

lire d'essai:Faire la revolution de l'emploi par Gaetan Gorce
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SYNTHESE

Joseph E. STIGLITZ,
Président de la Commission, Columbia University
Professeur Amartya SEN,
Conseiller de la Commission, Harvard University

Professeur Jean-Paul FITOUSSI,
Coordinateur de la Commission, IEP


                        

Pourquoi ce rapport ?  (lire rapport Stiglitz complet)

  1. En février 2008, M. Nicolas Sarkozy, Président de la République française, insatisfait de l’état actuel des informations statistiques sur l’économie et la société, a demandé à MM. Joseph Stiglitz (Président de la Commission), Amartya Sen (conseiller) et Jean- Paul Fitoussi (coordinateur) de mettre en place une commission qui a pris le nom de Commission pour la Mesure des Performances Economiques et du Progrès Social (CMPEPS). Celle-ci a reçu pour mission de déterminer les limites du PIB en tant qu’indicateur des performances économiques et du progrès social, de réexaminer les problèmes relatifs à sa mesure, d’identifier les informations complémentaires qui pourraient être nécessaires pour aboutir à des indicateurs du progrès social plus pertinents, d’évaluer la faisabilité de nouveaux instruments de mesure et de débattre de la présentation appropriée des informations statistiques.

La production industrielle a, une nouvelle fois, reculé en mars (-1,4%) et les chiffres du chômage enmai se sont encore aggravés (+36 400 inscrits au Pôle emploi).
Ces chiffres contredisent l’optimisme affiché par les ministres, à commencer par le premier d’entre eux. Il dément la“positive attitude”des “reprisologues” qui promettent juré-craché la sortie de crise pour le début voire le milieu de 2010.
Loin de rassurer, la reprisologie ambiante inquiète
Elle se fonde sur des indicateurs exotiques (croissance à deux chiffres promise par le PC chinois soucieux d’empêcher tout soulèvement social), flous (la remontée du moral des patrons belges) et même baroques (le rebond de l’immobilier aux Etats-Unis, alors que celui-ci est lié à l’achat des biens hypothéqués et aux expropriations de
la crise des subprimes).
Pire : les seuls critères objectifs des reprisologues concernent l’embellie des résultats des banques, aux Etats-Unis Wells Fargo, Goldman Sachs et JP Morgan, Citigroup) ainsi qu’en France (BNP Paribas).  
Lettre du Secrétariat National à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies
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