économie


La production industrielle a, une nouvelle fois, fortement reculé en mars (-1,4%).
Ce chiffre contredit l’optimisme qu’affichent les ministres, à commencer par le premier d’entre eux.
La bourse repart peut-être à la hausse, mais certainement pas l’économie réelle. Les PME sont les plus touchées, et notamment les sous-traitants de l’industrie. Alors que la survie de ce tissu est essentielle pour la reprise, il n’a bénéficié d’aucune mesure de soutien digne de ce nom.
La France en paie le prix.
Les aides accordées aux banques dans la tourmente l’ont été sans contreparties effectives : loin d’œuvrer au redémarrage du financement de l’économie réelle en relançant l’accès au crédit, elles permettent aux établissements concernés de reconstituer leurs marges aujourd’hui pour afficher des bénéfices demain et verser des bonus aux dirigeants et les dividendes aux actionnaires après-demain.
La désindustrialisation n’est pas une fatalité. Le Parti socialiste demande au gouvernement de prendre enfin les mesures qu’impose la situation. Le Parti socialiste a fait de nombreuses propositions dans son plan de relance.
Il a notamment proposé la création d’un pôle public d’investissement industriel, financé massivement et mobilisable rapidement par les Régions, pour agir au plus près des besoins réels des entreprises et des salariés, là où les banques n’interviennent pas. C'est la condition d'une présence durable d'activités industrielles en France, fondée sur la formation et l'accompagnement des salariés, l'innovation et l'éco-conception des productions, les réseaux de compétences entre donneurs d'ordres et sous traitants, la revitalisation des territoires frappés par la crise.
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La France, un grand pays maritime, on serait tenté de le croire. Elle l’est par son espace plus que par son économie maritime. Mais l’intérêt pour la mer et les perspectives qu’elle ouvre constituent des défis qui dépassent le cadre national.
La France Maritime A. Merckelbagh, Louis Le Pensec
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La conclusion semble s'imposer d'elle-même. La crise qui secoue la finance mondiale va sonner la fin du néolibéralisme. En témoigne la nationalisation par le gouvernement des Etats-Unis des deux géants du crédit immobilier américain (Fannie Mae et Freddie Mac) et de la seconde compagnie d'assurances mondiale (AIG). L'Etat fait son grand retour dans l'économie. Le tout-marché, c'est fini.

La conclusion est trop simple. D'abord, parce que le néolibéralisme n'a pas été un retrait de l'Etat. L'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher au Royaume-Uni en 1979, puis de Ronald Reagan aux Etats-Unis en 1982 a ouvert une période d'intervention majeure de l'Etat. La dérégulation a été une rerégulation, c'est-à-dire un changement des règles du jeu, au profit des plus puissants et des plus riches. Le marché ne fonctionne jamais sans règles, sans institutions. Et ce sont ces règles, ces institutions que les néolibéraux ont profondément modifiées. On a mis des bâtons dans les roues des syndicats; on a réduit le champ de la protection sociale obligatoire au profit de systèmes privés facultatifs; on a levé les dernières barrières qui empêchaient la formation de bulles spéculatives, etc.

Des évènements majeurs sur le plan international se sont produits au cours de l’été. La place me manque pour les commenter tous. Je ne développerai pas la crise géorgienne qui est très bien analysée dans le numero 85 de la lettre de la fondation Jean-Jaures . Je dirai simplement que l’Union européenne a su, pour une fois, se montrer unie et qu’elle a pu éviter le pire. Toutefois, cette crise a révélé la fragilité des équilibres au sein du continent européen et la nécessité, plus que jamais pour l’UE, de mettre en place à la fois une politique étrangère et de sécurité commune et une politique énergétique lui permettant de renforcer son indépendance et de parler dans un rapport de force plus équilibré avec les pays producteurs.

Sciences 3 oct.  Journal Libération

Interview

Albert Fert. Le prix Nobel de physique s’exprime alors que Sauvons la recherche se réunit:

Recueilli par Sylvestre Huet

«Très bon», dit la ministre, «très mauvais» rétorque Sauvons la recherche, dont l’université d’automne se tient à partir d’aujourd’hui, et jusqu’à dimanche, à Toulouse. On ne mettra donc pas d’accord Valérie Pécresse et Bertrand Monthubert, président de SLR, sur le budget 2009. Pour la ministre, il représente une augmentation de «près d’un milliard d’euros de crédits budgétaires supplémentaires, par rapport à l’an dernier. Ce qui se traduira par une hausse de 4,6 % des moyens du CNRS». Valérie Pécresse se félicite aussi de n’avoir diminué les effectifs statutaires que de 900 postes, en espérant qu’aucun poste dechercheur et d’universitaire ne serait touché.

Bertrand Monthubert oppose une analyse différente. «On nous ressert la même politique qui, en 2004, a soulevé la colère. Il faudrait des créations d’emplois pour améliorer l’encadrement des étudiants, booster la recherche, ils ne sont pas là.» Il souligne qu’avec une augmentation moyenne de «3,8 % des crédits des organismes de recherche, on est à peine au dessus de l’inflation». Prix Nobel de physique en 2007, Albert Fert livre son analyse à Libération.