économie

François Hollande interrogeait le Premier ministre sur la situation de la France dans la crise qui secoue le monde économique. Après avoir décliné les propositions socialistes, le Premier secrétaire du PS demandait la mise en œuvre “d’un débat national, ici, au Parlement, pour que nous puissions examiner ensemble les réponses à apporter”.

Monsieur le Premier ministre,

Chacun ici mesure la gravité et l’ampleur de la crise financière qui traverse le monde. Elle n’est pas un accident. Elle est une crise d’un système : celui de la dérégulation qu’ont voulu des gouvernements libéraux, et notamment aux Etats-Unis, mais seulement aux Etats-Unis.

Cette crise ne date pas de l’été dernier, avec la faillite d’un établissement financier ; elle est née, il y a un an avec la crise des subprimes. Et pendant un an, votre gouvernement a sous-estimé l’impact de cette crise sur l’économie réelle.

Par Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques et auteur de « Sommes-nous des paresseux ? Et trente autres questions sur la France et les Français » aux éditions du Seuil

 

Le 21 août dernier, Christine Lagarde, Ministre de l’économie, se félicitait du succès de la loi TEPA, et tout particulièrement de son volet heures supplémentaires[1]. Une semaine plus tard, l’ANPE confirmait la remontée du chômage au mois de juillet[2]. Quantitativement le succès des heures supplémentaires détaxées est indéniable mais, dans le contexte économique actuel, il traduit une politique digne des Shadoks ou du père Ubu. Face au risque de récession le gouvernement devrait au contraire revenir d’urgence sur une mesure qui aggrave la situation de l’emploi.

La loi Fillon de 2003 a échoué. Elle n’a rien réglé sur le plan social. Elle n’a pas évité le déséquilibre financier puisque le premier déficit date de 2004, pour atteindre près de 5 milliards d’euros en 2007. La déconvenue de la réforme Fillon de 2003 s’explique par la contre-performance économique de la droite depuis 6 ans. Le pari de la croissance et du pouvoir d’achat n’est pas au rendez-vous.Le pouvoir d’achat des retraites devient la question centrale ; 6 millions de personnes âgées vivent avec des pensions largement inférieures au Smic. 1 million de personnes retraitées connaissent la pauvreté. 620 000 relèvent du minimum vieillesse. On ne peut pas maintenir durablement des millions d’hommes et de femmes de plus de 60 ans au terme de leur activité professionnelle sous le niveau du Smic ou pire sous le seuil de pauvreté.