Jean-Christophe Cambadélis

La bataille pour l’unité vient de commencer. Elle sera longue, elle va durer. Il faut la mener et il faut la gagner. Il faut la gagner car chaque jour le bloc réactionnaire renforce son emprise sur les esprits. Chaque jour, droite extrêmisée et extrême droite banalisée convergent et progressent. Chose grave ! La division de la gauche nourrit aussi cette progression du bloc réactionnaire. La question de l’unité de la gauche se pose donc aujourd’hui de façon évidente et brûlante.Face à cette réalité, on ne peut rester les bras croisés ou les bras ballants.

Oui, la division est le plus court chemin vers la défaite, Noisy-le-Grand en est le triste exemple. Ce n’est pas le Parti socialiste qui est ici en jeu, voire la gauche, mais les acquis de la gauche pour les habitants, comme la gratuité des cantines scolaires pour les enfants de chômeurs dans cette commune de Seine Saint-Denis. Avec la droite, cette mesure partira en fumée. La division pénalise d’abord les plus faibles. Cette évidence est devenue une urgence, il faut la transformer en action. La gauche ne peut plus être le spectateur de sa propre dislocation. Le peuple de gauche doit reprendre l’initiative. C’est tout le sens du référendum pour l’unité de la gauche.

Notre conviction c’est que le peuple de gauche peut donner sa légitimité et sa force au rebond et au renouveau de la gauche. Seul le peuple de gauche peut trancher le nœud de la division de la gauche.

Notre initiative prend sa source dans le refus de ceux qui, tout en se disant de gauche, déclarent dès maintenant qu’ils ne se désisteront pas pour le candidat de la gauche le mieux placé. Les sondages – si tant est que l’on puisse leur accorder une once de confiance – démontrent partout une gauche en tête quand elle est unie.

L’unité du peuple de gauche ne se décrète pas, mais elle se conquiert. Elle se construit avant tout avec le peuple de gauche, mais pas à sa place, pas du haut de nos appareils mais avec lui, à ses côtés. Une des raisons de l’abstention dans notre camp, c’est aussi l’utilisation de l’enjeu électoral à des fins partisanes, visant non pas à régler les problèmes concrets des Français dans les collectivités locales mais à élaborer, échafauder des tactiques politiques de recomposition de la gauche.

L’unité n’a jamais signifié l’uniformité. L’unité respecte la diversité mais ne tolère pas la dispersion. Elle est gage d’efficacité pour la gauche et pour chacune de ses composantes qui prospèrent dans l’unité et non dans la division, comme les dernières élections départementales l’ont démontré.

Face à la droite qui veut défaire les régions solidaires et à l’extrême droite qui veut défaire la République, il faut le dire haut et fort : l’unité ne doit souffrir aucune condition, aucun préalable. C’est une élection locale à enjeu local, même si cette élection aura une signification nationale. L’attente et l’espoir sont trop forts. La menace est trop réelle, trop proche aussi. La division met en danger la préservation de nos acquis concrets dans les régions que nous avons dirigés ensemble, grâce au peuple de gauche.

Le peuple de gauche ne comprend pas que des appareils remettent en cause leur propre bilan dans les régions, ce beau bilan de l’unité : les maisons de santé, le pass’contraception, la mutuelle des étudiants boursiers, la gratuité des livres scolaires, le pass navigo, la transition énergétique et écologique dans les territoires... Ces acquis, certains, à gauche, veulent les passer par pertes et profits, les sacrifier en 2015 sur l’autel de leurs calculs pour 2017.

Le programme porté par nos candidats et nos candidates pour des régions humaines, solidaires et écologiques ne sera pas réalisé par la droite qui veut faire des régions le laboratoire de l’austérité et encore moins par l’extrême droite qui veut en faire le laboratoire de la haine. Une minorité de la gauche veut faire du scrutin le laboratoire de leurs espoirs incertains. C’est pourquoi nous allons engager ensemble « le référendum pour l’unité de la gauche et des écologistes » les 16,17 et 18 octobre prochains. Le référendum pour l’unité veut mettre un terme à cette spirale de la division, au cercle vicieux de la fragmentation. Il va permettre à la gauche de créer une dynamique de campagne qui pourra avoir un effet positif sur l’arithmétique électorale.

On le comprend, la bataille pour l’unité ne sera pas aisée, car il faudra lutter contre les pesanteurs du passé, contre les réflexes et les prétextes d’appareils. Ce référendum n’est pas un coup de poker mais un coup de tocsin, pour l’unité. Il ne s’agit pas d’anticiper la défaite mais de l’empêcher, en battant la droite et l’extrême droite. Pour la gauche et pour les Français, pour la vie des gens.

Amitiés socialistes,

Jean-Christophe Cambadélis

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