politique

Par MATTHIEU ECOIFFIER (Libération)

Créditée de 2% d’intentions de vote, la candidate d’Europe Ecologie-les Verts à la présidentielle pose question à son parti.

Eva Joly, à Paris, le 5 janvier 2012. (Photo Charles Platiau. Reuters)

Haut les cœurs inquiets ! Alors qu’Eva Joly présente samedi à Roubaix sa plateforme présidentielle, «le mot d’ordre, c’est tenir, et développer notre discours», résume le député Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) François de Rugy. «Eva va passer du défensif à l’offensive», promet Michèle Rivasi, sa porte-parole. Mais un autre dirigeant d’EE-LV n’y croit plus : «Elle est carbonisée à 2% dans les sondages. Tout le monde dit : "C’est une catastrophe." Et en même temps : "Il faut aller jusqu’au bout, il va y avoir un ressaisissement à Roubaix." Mais c’est trop tard ! La cristallisation a opéré négativement. Elle fait peur…»

Dans l’opinion, l’environnement arrive en queue de peloton des préoccupations des Français, le débat politique est absorbé par le duel Hollande-Sarkozy, une grande partie des électeurs d’EE-LV s’apprête à voter utilement pour le candidat socialiste. Et il y a «l’équation personnelle» de l’ex-juge, sa stratégie erratique - jour férié multiconfessionnel, appel au désistement mutuel à Bayrou - et sa difficulté à être audible sur les solutions écologiques à la crise. «Elle en est à dire : "Votez pour moi, même si vous ne m’aimez pas." On est au-delà de l’absurde», s’étrangle un proche de Nicolas Hulot, son concurrent défait de la primaire verte. Voilà donc Joly face à trois possibilités de sortie de crise.

Par Christian Chavagneux

En s’attaquant au monde de la finance, François Hollande envoie un message fort : quelle que soit leur complexité, les questions de régulation financière sont d’abord une question politique, avant d’être un débat d’experts. En affichant une ferme volonté régulatrice, le candidat du PS se démarque du pouvoir en place.

Si on laisse de côté la proposition de taxe sur les transactions financières (déjà poussée par le président de la République et la Commission européenne) et celle d’une agence publique de notation (un problème de crédibilité : des experts publics notent des politiques publiques ; est-ce que plus de concurrence amène forcément plus de meilleurs avis ?), François Hollande a mis sur la table trois projets phares.

Par Olivier Ferrand (Terra Nova)

Marine Le Pen a présenté jeudi le chiffrage de certaines mesures de son programme. L’ensemble des mesures proposées s’élève selon le FN, en dépenses, à 97 milliards d’euros environ à la fin du prochain quinquennat face à quelques 240 milliards d’euros de recettes nouvelles dont :

- 115 milliards d’euros de recettes liées selon lui à la sortie de la zone euro (88 milliards d’euros) et au déploiement de mesures protectionnistes ;

- 41 milliards d’euros de recettes liées à la « réduction de l’immigration ».

Le chiffrage des mesures du FN présente deux difficultés méthodologiques importantes :

- La première tient au fait que de nombreuses mesures programmatiques n’ont pas été chiffrées et ne présentent pas d’hypothèses techniques précises : nous avons décidé de  ne pas en tenir compte mais il est évident qu’elles alourdiraient significativement le volume global des dépenses.

- La second est relatif à la décision politique centrale du programme du FN, la sortie de l’euro : ses conséquences économiques et budgétaires sont difficilement calculables. Nous avons décidé de nous caler sur les hypothèses moyennes des récentes études économiques sur le sujet (baisse de 5 points du PIB)

Quoi qu’il en soit, le chiffrage affiché par le FN est fantaisiste et franchit souvent le seuil du ridicule


  Dans cette année précédent élection présidentielle, et année anniversaire de l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, cet essai, publié par la fondation Jean Jaurès ( http://www.jean-jaures.org) donne un éclairage intéressant sur l'infléchissement de la politique en 1983.
L’année 1983 est restée dans les mémoires comme celle du « tournant de la rigueur » qui porte un coup d’arrêt à l’euphorie des premiers temps de la gouvernance socialiste. L’analyse de F. Galeazzi et V. Ducahussoy invite à substituer à l’image d’un retournement brusque celle d’un infléchissement progressif de la politique économique.

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 Gilles Finchelstein

Y a-t-il aujourd’hui une banalisation du Front National ? Oui. Le parti d’extrême droite ne compte certes qu’une petite poignée de conseillers
généraux, mais il est le vainqueur incontestable des élections cantonales. Surtout, les dernières études d’intention de vote placent systématiquement Marine Le Pen à des niveaux de premier tour que n’avait jamais atteints son père – allant souvent jusqu’à éliminer Nicolas Sarkozy, voire le/la candidat(e) de la gauche, du second tour.
Quelle est la responsabilité du Président de la République dans ce processus ? Elle est majeure. Il faut à la fois en relever les signes et en comprendre les causes.
Sa responsabilité est triple :