économie monde

Par Vigi-Eco

François Hollande n'a pas ménagé la finance depuis le début de sa campagne, présentant un programme ambitieux pour mieux la réguler. Cependant, celle-ci ne semble pas lui en tenir rigueur et ne montre pas de signe d'inquiétude vis-à-vis d'une possible alternance. Ce qui ressemble beaucoup à un vote implicite de confiance.

''Si la finance est l’adversaire, il faudra l’affronter avec nos moyens...'' Le candidat Hollande a annoncé dès le premier jour de sa campagne son intention de mettre au pas la finance. Il a présenté des mesures fortes touchant directement le secteur bancaire (séparation des activités de dépôt et de spéculation, interdiction d'exercer dans les paradis fiscaux) et la rémunération des opérateurs de marché (encadrement des bonus et interdiction des stock options), et indirectement l'ensemble de ceux qui ont des revenus financiers importants. Ainsi la réforme fiscale - et notamment la soumission de ces revenus au barème de l'impôt sur le revenu- vient compléter dans son programme les mesures bancaires pour mettre au pas la finance.

Par Jacques Sapir.

Où l'on apprend que la crise de la dette rebondit avec les tensions sur les taux d'emprunt de l'Italie et de l'Espagne. Jacques Sapir nous explique pourquoi cela ne fait que commencer et comment il faudrait en sortir.


Au début de cette année, nous nagions dans l’optimisme et – s’il faut en croire notre Président – la crise était « derrière nous ». Les crédits à trois ans de la Banque centrale européenne (LTRO ou Longer Term Refinancing Operations) semblaient avoir calmé la vague de spéculation qui avait failli emporter l’euro au mois de novembre dernier. La BCE avait injecté 489 milliards d’euros en décembre et 530 à la fin du mois de février. Le Mécanisme européen de stabilité (MES), adossé à des plans de rigueur généralisés officialisés dans le Pacte budgétaire européen, était censé nous garantir contre un retour de la crise. Enfin, la question de la Grèce était apparemment réglée par la restructuration de la partie de sa dette détenue par des investisseurs privés.

Par Christian Chavagneux (Alternatives Economiques)

Une belle idée du président-candidat : faire payer les exilés fiscaux, surtout ceux qui quittent le pays pour ne pas payer leur part de l’imposition nationale. Ah la la, se lamentent les militants de gauche : génial, Hollande aurait du y penser avant ! Mais quelle est la logique d’une proposition visant à rattraper des rois de la fraude fiscale… en leur imposant une taxe ???

D’abord, de quoi parle-t-on ? Pour le savoir, il suffit de se plonger dans le merveilleux petit livre que viennent de publier quelques experts d’ATTAC, 15 idées reçues sur la fiscalité. Idée reçue n° 4 : le niveau de fiscalité française fait fuir les riches et leurs richesses.

Pour les plus riches de la planète, la crise n'est pas un problème : ils sont cette année 1 226 milliardaires, un record absolu depuis vingt-cinq ans que le classement existe, 16 de plus que l'an dernier, où le chiffre de 1 210 avait déjà été présenté comme un record.

Tous ensemble, ces personnalités richissimes – dont 104 femmes – pèsent 4 600 milliards de dollars, selon le classement annuel 2012 du magazine Forbes publié mercredi. Ils viennent de 58 pays, les Etats-Unis restant en tête avec 425 milliardaires. Le Maroc y fait pour la première fois son apparition, avec trois entrées.

Pour la troisième année consécutive, le Mexicain Carlos Slim est l'homme le plus riche au monde. Avec une fortune estimée à 69 milliards de dollars, en légère baisse toutefois par rapport à l'an dernier, le roi mexicain des télécommunications devance l'Américain Bill Gates, cofondateur de Microsoft (61 milliards), et l'homme d'affaires et philantrope américain Warren Buffett (44 milliards).

Le Français Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est 4e, avec une fortune estimée à 41 milliards de dollars, suivi par l'Espagnol Amancio Ortega, créateur de la marque de vêtements Zara (37,5 milliards).

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Par Paul Jorion

Est-ce parce que le Produit Intérieur Brut de la Grèce aura baissé de 7% en un an, et de 16% depuis le début de la crise en 2007 ? Ou bien parce qu’avec les défections parmi les parlementaires grecs à l’occasion du vote dimanche, suivies d’exclusions de leur parti, complétées de sondages d’opinion favorables à la gauche et à l’extrême-gauche, le gouvernement grec donne maintenant l’impression de ne plus représenter l’opinion publique du pays et que, du coup, tout accord au plan voté dimanche ne signifie plus rien ?  C’est en tout cas désormais l’hésitation parmi les dirigeants de la zone euro. Le report de la réunion de l’Eurogroupe qui devait avoir lieu aujourd’hui mercredi – remplacée par une conversation téléphonique – montre qu’on est soudain mou du genou au sommet : on est passé hier du ton triomphant dans la matinée aux excuses un peu plates dans la soirée.