L'impression de mieux respirer non ? j'ai tenu un bureau de vote, comme d'habitude. A 20h lors de l'annonce officielle des résultats j'ai regardé dehors, et … rien n'avait changé, les arbres n'étaient pas devenu rouges. Encore que, le sol de la cour de récréation de l'école était tout rose. Mais c'étaient les fleurs des marroniers roses.
Je suis allée ensuite à la Bastille. Beaucoup, beaucoup de monde. Et ils étaient si jeunes…. Et une telle joie débordante, et des drapeaux de toutes les couleurs de tous mes pays, brandis généralement par des jeunes qui avaient dans une main un drapeau bleu blanc rouge et dans l'autre un drapeau où souvent le vert dominait avec des étoiles, des croissants de lune. Et je me suis réconciliée dans ma tête avec ces jeunes turbulents. Moi-même fille d'immigré j'avais été élevée avec chevillée à l'âme le respect et la reconnaissance envers le pays et la culture d'accueil. Pourtant fille d'immigré juif polonais, les français n'avaient pas été sans reproches pendant la dernière guerre envers la communauté d'origine de mon père. Il n'empêche mon père avait trouvé sa place ici, et il m'apprenait à trouver la mienne. J'avais donc été très choquée le jour du match France Algérie par les sifflets lancés contre la Marseillaise. J'étais restée méfiante face à ces jeunes. J'avais du coup quelques réticences sur le vote des étrangers. J'étais partagée, mon côté raisonnable savait que c'était bien, mais mon côté affectif, se rappelait cet épisode. Ceux qui avaient sifflé étaient vraisemblablement français, nés ici, alors qu'en était il de ceux qui venaient d'arriver ?
Et puis dimanche soir je les ai vus heureux, appartenant sans conteste à ici mais ayant toujours des liens avec leur là-bas, revendiquant d'être riches de deux cultures, de deux langues, de deux cuisines, de deux musiques……. et les partageant sans réticences. C'était vraiment une belle soirée. Une grande journée. Vivement la suite.
Aline baldinger

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