Champigny propose la projection du film « Allende » de Patrizio Guzman Il y a 35 ans, en septembre 1973, comme cette année, on préparait la rentrée. Le monde allait comme à son habitude. En France nous étions gouvernés par Pompidou, et aux Etats-Unis Nixon continuait la guerre du Viet Nam. Pour nous les « gens de gauche »Un Espoir pourtant venait du Chili : Un président de gauche avait été démocratiquement élu, et un gouvernement d’Union populaire mettait en place des mesures de gauche.

Tout à coup le 11 septembre 1973 une nouvelle incroyable : Coup d ‘état au Chili, le général Pinochet chef des armées renversait par un coup d’état le pouvoir démocratiquement élu. Les images, l’armée dans les rues, des avions qui bombardent leur propre pays. Le président Allende se suicide dans le palais présidentiel. Le général au lunettes noires, c’est bizarre comme tous les dictateurs de l’époque portent des lunettes noires, prend le pouvoir, et la répression commence, les opposants, c'est-à-dire en fait toute la gauche, est d’abord enfermée dans les stades, puis torturée et exécutée. Aucun état démocratique ne proteste, sauf Cuba et l’Union soviétique. Allende avait été démocratiquement élu, il avait commencé à mettre en place une réforme agraire ambitieuse, de lutte contre les latifundia, nationalisé les mines de cuivre et quelques banques, mis en place des programmes de lutte contre la pauvreté et de scolarisation. Pour nous la jeunesse de gauche en France le Chili représentait l’Espoir et en même temps la confirmation que le progrès et l’avancée vers le socialisme était possible. Nous regardions avec inquiétude la lutte sournoise menée par les économies nord américaines pour saper l’économie chilienne, mais nous voyions aussi les ouvriers s’organiser pour faire face. Jusqu'au 11 Septembre 1973 nous faisions confiance au monde. Le 11 Septembre 1973 nous découvrons que nous ne devons pas faire confiance. Allende a été renversé avec l’aide de la CIA, avec l’aide de toute l’économie Nord-américaine. Les Etats-Unis, les « défenseurs de la Liberté » nous montrent à nouveau, après le Viet Nam, leur visage de grande puissance économique qui intervient partout où « ca ne lui plait pas ». Le Chili de Pinochet ce sera des milliers d’arrestations, de morts, de torturés. Et parallèlement à cette violence ce sera aussi l’éradication de la mémoire. De 1973, à 1990 le pouvoir est entre les mains des tortureurs qui, suppriment tous ceux qui peuvent raconter une histoire différente de celle qu’ils veulent conserver. Un homme, très seul au début, va se battre pour conserver la mémoire, c’est Patrizio Guzman. Film après film il tentera de préserver la mémoire de l’histoire de la gauche chilienne. A partir de 1990 il pourra enfin projeter ses premiers films au Chili provoquant une prise de conscience en profondeur du travail de dé historisation savamment organisé par la junte militaire. Sans culture historique peut-il y avoir progrès ? Aujourd’hui encore l’histoire du Chili nous concerne tous. La défaite du gouvernement populaire a été aidée par les dissensions de la gauche chilienne. Et si l’arrivée de Barak Obama soulève tant d’enthousiasme, c’est aussi parce qu’il symbolise l’arrivée au pouvoir d’une classe qui n’a pas de responsabilité dans la monstruosité qui s’est passé au Chili. Alors je suis très heureuse que la section Champigny organise cette projection.

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