Tribune des socialistes joinvillais.

Cette tribune est une expression des membres de la section de Joinville.

Elle est sous la responsabilité du signataire.

 

La mondialisation est globalement une bonne chose. Elle a permis de sortir de la pauvreté des centaines de millions de personnes dans le monde sans pour autant, à ce stade, effacer les situations d’inégalités qui préexistaient et qui ce sont en partie accentuées. Elle met en évidence le fait que nous n’avons qu’une seule terre et qu’il faut la préserver. Si les moyens de communication accrus concernent les biens et les services ils concourent aussi à la diffusion de la culture et au brassage des populations. Des valeurs communes se propagent dont, pour notre part, nous avons hérité : démocratie, droits de la femme, laïcité, notamment.

Les rapports économiques dans le monde se développent sur la base de grands ensembles, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Brésil ; il est vrai, tous des ensembles nationaux. Alors que les pays de l’Union européenne et particulièrement la France ont encore, de façon excessive, le sentiment d’avoir fait l’histoire des nations, leur positionnement doit changer du fait de la montée de ces nouveaux ensembles et de leur importance croissante. Participer à bonne hauteur à cet avenir commun des grandes nations nous conduit à répondre à ce défi. L’Union Européenne a entrepris sa construction vers un fédéralisme qu’il convient de renforcer plus que de détricoter. La crise doit-être une chance à saisir pour aller vers cette perspective.

L’union s’est élargie acceptant l’entrée de nombreux pays pour des raisons différentes qu’il ne convient pas d’analyser ici. Elle est devenue un grand marché, plus qu’une grande ambition. Ensemble hétérogène, elle fonctionne à des rythmes imposés par l’histoire et les structures de chacun des pays qui la composent. La monnaie commune renforce le fédéralisme de ceux qui en ont accepté les règles. Dire aujourd’hui que la Grèce était inapte à rentrer dans la zone euro c’est trouver demain que tel autre pays en grande difficulté aura commis, lui aussi, un péché originel qui doit le conduire en dehors de la monnaie commune.

S’il est certain que les nations européennes se sont construites lentement au cours de l’histoire, la vision de ceux qui ont construit l’Union européenne demeure irremplaçable. Née pour sceller la paix entre nations européennes, l’union s’est construite en oscillant en permanence entre deux tentations celle du fédéralisme et celle de la souveraineté nationale. Le traité de Maastricht constituait un pas vers le fédéralisme que les souverainistes ont combattu. La crise est l’occasion pour ces derniers de relancer le débat sans pour autant définir le but ultime qu’ils entendent atteindre.

Je ne doute pas pour autant que de la dialectique entre les deux positions puisse sortir des stratégies pertinentes. Il n’est pas question pour les fédéralistes dont je suis de nier les difficultés du chemin à parcourir et les étapes à franchir pour que s’élargisse progressivement le sentiment national. Il serait stupide de nier les difficultés relatives à chacun des pays membres de l’Union européenne. Il faut les surmonter par une remise en cause interne à chacun d’eux (amélioration de la compétitivité notamment pour la France) et par une gouvernance européenne facilitant la croissance des pays membres (régulation accrue de la concurrence à l’égard des pays tiers ne respectant pas les normes environnementales, sanitaires et sociales) et non par le repli à contre-courant de l’évolution du monde.

Quelques principes d’action me semblent pertinents :

-Bloquer l’entrée de nouveaux membres dans l’union européenne tant que celle-ci n’est pas d’abord consolidée.

-Avoir l’ambition d’une gouvernance économique pour relancer la croissance par la recherche, l’éducation à haut niveau et les investissements d’infrastructure.

-Accroître le rôle du parlement européen dans la décision et le contrôle communautaire plus que recourir à la démocratie référendaire

-Construire une défense européenne. Au départ de la CEE, nous avons raté la construction d’une Europe de la défense (CED), notamment du fait de la SFIO et nous le payons encore. L’Europe de la défense constitue une grande ambition, source de grandes économies de moyens et d’efficacité industrielle. Faut-il encore avoir une stratégie nationale de la dissuasion ? C’est l’une des questions.

Au temps des grands ensembles, nous risquons de payer aujourd’hui le manque d’ambition fédérale, plus que le non-respect des souverainetés nationales.

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Dans un intéressant article interview de Mariane du 24 mars Olivier Todd  analyse la montée du front national non comme un replis identitaire mais comme un rejet des élites et de la défiance des milieux populaires vis à vis de la défense du "libre-échange" et de l'Euro  qualifiées d'idée "Zombie". Il en veut pour preuve que les idées du Front progresse dans l'Ouest qui n'a pas de forts problèmes d'émigration.
Il pense que la sortie de l'Euro permettrait un sursaut protégeant au contraire les enfants d'immigrés grâce à un sursaut économique.
Je crois que cette prise de position est intéressante et qu'il est temps pour nous, socialistes, de revisiter sans tabou les idées qui nous ont conduit à défendre l'idée de l'Euro.
Pourquoi en effet ne pas réfléchir sur l'euro, sans tabou ? Bien que de formation économique, je n'ai pas toute les clefs techniques me permettant d'argumenter sur la pertinence de choix aussi lourds. Mais, en tant que citoyen je peux formuler des pistes de réflexion. Je crois que d'un point de vue du constat et économique Todd peut avoir raison. Mon exemple est l'Argentine qui a quitté du jour au lendemain le giron dollar avec une dévaluation du peso de 300%, ce qui a sauvé son industrie locale.  Par contre l'article me semble insuffisant par rapport aux raisons qui ont conduit à l'Euro.
L'idée était que les grands ensembles économiques comme les USA prennent leur richesse grâce aux échanges non entravés par des taux de changes (rappelons nous des taux à 16%).
L'idée était aussi que l'Euro par la solidarité économique créerait les conditions de l'éclosion de l'europe politique. Il me semble que la discussion doit être menée sur ces bases. La petite tribu française peut , j'en suis sur, se débrouiller toute seule grâce à ses talents , à sa démographie à son esprit "Gaullois". Mais elle abandonne alors ce qui fait la puissance de notre adhésion à l'Europe: la recherche d'un ensemble politique suffisamment fort défendant les valeurs "sociales et démocratiques" et permettant à 500000000 de personnes pour la première fois de leur histoire de jouir de la paix.
Je trouve l'analyse de Todd ,( et du Front) trop "conjoncturelle" par rapport aux perspectives historiques.   La crise actuelle de l'Euro est au contraire une opportunité formidable pour reposer à nos partenaires européens les exigences d'une solidarité politiques entre nos états pour être plus forts ensemble. Bien évidemment cela conduit à renverser les majorités conservatrices et "égoïstement" libre-échangistes qui gouvernent l'Europe politique actuelle. Mais, le mouvement socialiste , qui est né aussi d'un élan vers l'internationalisme solidaire ne doit pas se retrouver à se recroqueviller sur des positions de replis  "nationalistes". Je trouve les efforts de dialogue  notre parti vis à vis du SPD encore modestes mais  encourageants, il doit s'ouvrir vers les autres partis socialistes européens pour fonder de réelles perspectives communes.
Au moins cet article pose certaines bases à la réflexion et à la discussion entre nous et avec nos partenaires.
andré maizener
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Michel Rocard

« Si ça vous amuse »

Chronique de mes faits et méfaits

Editions Flammarion : 21€

 

Michel Rocard retrace les éléments de son parcours de militant et d’homme politique : député, maire, ministre, Premier ministre et parlementaire européen. Il explique ses engagements, ses combats, donne les raisons de son action, exprime le fil de sa pensée tout au cours d’une vie de fidélité à la gauche. Il approuve, sans ambigüité, les bienfaits de la sociale démocratie. Il ne s’agit pas d’une autobiographie mais d’un regard sur un pan de l’histoire dont il a été un acteur important. Son discours passionnant, net et clair, reste largement accessible. Il nous fait mieux comprendre la période récente de notre propre histoire : depuis la guerre d’Algérie jusqu’au temps présent. Ce livre reflète l’intelligence et la passion raisonnée de l’homme engagé qu’il est toujours à quatre vingt ans. On peut toutefois déceler un certain penchant à l’autosatisfaction, qui n’exclut pas la dérision et l’humour présents dans ses propos.

AM

 

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bonne année,

C'est ce que l'on a coutume de dire à cette période, alors ne dérogeons point.
Bonne année à toutes et à tous.
Néanmoins quelques petits mots :
Je suis profondément horrifiée par l'attentat contre les coptes en Egypte, d'abord par l'attentat en lui-même.
Mais depuis quelques années les attentats meurtriers avec kamikazes ou autres sont de plus en plus nombreux. On finit par s'y habituer. Ce que je trouve épouvantable dans ce dernier attentat, c'est que face à une minorité agressée, personne ne bouge.
Lorsque des sunnites font des attentats contre des chiites, on sait que demain
ou la veille il y a eu ou il y aura l'attentat inverse. C'est horrible mais on a envie de dire qu'ils se débrouillent. Par contre l'attaque contre une minorité a quelque chose de profondément insoutenable.
Si il y avait dans une quelconque partie du monde un attentat similaire contre une synagogue, il y aurait eu partout une vague de manifestations, non parce qu'on s'attaquait à des Juifs, mais parce qu'une majorité s'attaquait à une minorité.
J'ose espérer que si un attentat aussi violent et aussi meurtrier avait lieu en France contre une mosquée une majorité d'entre nous serait descendue dans la rue pour dire son indignation.
Je me souviens, lorsqu'il y avait eu l'attentat de la rue Copernic et les paroles de ce bon Monsieur Barre déplorant la mort de français innocents (puisque non juifs) les copains, argentins et chiliens (émigrés politiques) étaient nombreux à côté de moi dans la rue pour soutenir une minorité opprimée, comme eux-mêmes minorité politique opprimée avaient bénéficié de mon soutien.
Je suis profondément triste, qu'aucun parti, aucun groupe, aucun mouvement n'ait lancé un mot d'ordre de manifestation de soutien aux coptes d'Egypte, et de rejet de cette violence anti minorité. Est-ce parce qu'il s'agit d'une minorité religieuse ?. Notre pays dit laïc, se détourne pudiquement face à la religion et chez nous seuls les religieux prennent la parole. Mais une minorité qu'elle soit religieuse, politique, sexuelle ou autre est avant tout une minorité. SI on entre dans une ère où les minorités se font décimer sans que personne ne réagisse, pauvres de nous.
J'en veux donc à mon parti, le Parti socialiste, toujours prêt à soutenir les minorités, d'être, dans ce cas, devenu aphone face aux turbulences du monde et de laisser la défense des minorités aux religieux.

Aline Baldinger

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Je reviens sur les propos de Mr le ministre de l'intérieur concernant la condamnation à des peines de prison ferme pour des policiers ayant fait des déclarations mensongères.

Je rappelle que le Président des Etats-Unis a failli être destitué par la Cour Suprême des Etats-Unis pour une faute de mensonge à propos de sa relation avec son assistante.
Nous les français égrillards nous avions bien ri de cette histoire…Ce n'est pas ici que ça se passerait, nos présidents et nos élus peuvent bien avoir les relations qu'ils veulent avec qui ils veulent. Nous sommes au dessus de ça. Nous avons bien ri du puritanisme des ricains.

Mais personne, ou presque, n'a vraiment pris en compte la réalité du crime reproché au président Clinton. Son crime n'était pas d'avoir eu une relation « sexuée » avec son assistante, son crime était d'avoir MENTI.
La société américaine est ce qu'elle est, mais là bas ils ont compris qu'aucun groupe social ne peut fonctionner sans condamner le mensonge comme crime fondamental.
Comment fonctionner si personne ne peut avoir confiance en personne ?

Les policiers ont pour mission de protéger les individus et le groupe social. Les policiers sont des hommes et sont donc faillibles. Il peut donc leur arriver de mentir. Il faut alors qu'ils soient jugés et condamnés à la mesure de leur crime. Lorsque la Justice passe, le groupe social est protégé.
Mais si le ministre de tutelle s'élève contre cette condamnation, non seulement il outrepasse ses fonctions en interférant avec la Justice mais surtout, en pensant protéger quelques policiers, c'est la Police qu'il met en faillite.
Dès lors plus aucune parole de policier n'est crédible.

Pourtant le fonctionnement social a besoin d'une confiance réciproque.

Monsieur Hortefeux pourrait éventuellement dire qu'il s'est positionné en « parent » qui aime ses « enfants » et les défend quoiqu'il arrive. Mais chacun sait que seuls des mauvais parents défendent leurs enfants quelle que soit leur faute et qu'une telle attitude est généralement néfaste.
De toutes façons un ministre n'est pas un parent. La mission d'un ministre est de faire fonctionner ses services pour le bien de tous. C'est l'autorité de l'Etat qui est en jeu.

Nous savions que le sarkozysme, sous prétexte de booster l'économie, détricote le système de protection sociale.
Nous avons découvert que le sarkozysme avec des objectifs purement électoralistes s'attaque à la laïcité.
Nous découvrons qu'une des conséquences du sarkozysme est de saper l'autorité de l'état.

Où allons nous ?
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